Chaque atelier de cérémonie du thé que j’anime est une rencontre unique, ce que nous appelons au Japon « Ichigo-ichie » (une chance, une rencontre). C’est un moment privilégié que je partage avec chaque participant.
Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter l’histoire d’un atelier qui reste gravé dans ma mémoire.
Ce jour-là, j’accueillais deux participantes : une mère et sa fille. Comme à mon habitude, j’ai commencé par leur demander ce qui les amenait à découvrir cette présentation autour du thé. La jeune femme m’a alors expliqué qu’elle avait effectué un stage en aménagement de paysages au Japon et que leur famille comptait une personne passionnée par la culture nippone.
Après les explications rituelles sur l’histoire et les ustensiles, nous avons laissé place au silence de la préparation du thé (ltemae). Un temps suspendu, hors du monde.
C’est lors de la seconde partie, alors que nous dégustions ensemble un matcha accompagné de pâtisseries maison, que le cœur de leur histoire s’est dévoilé. Elles m’ont parlé d’une personne importante pour elle, aujourd’hui disparue. C’était elle, la première, qui avait introduit le Japon dans leur foyer français.
En 2026, à une époque où les mangas, l’animation et la gastronomie japonaise sont omniprésents en France, il est facile de se sentir proche du Japon. Mais à l’époque de cette aînée, l’accès à cette culture était bien plus rare. Pourtant, dans leur maison, on préparait la soupe miso et on mangeait des umeboshi (prunes salées) régulièrement. Elle cultivait cet amour du Japon avec une ferveur discrète et authentique.
À travers leurs récits, j’ai ressenti une immense envie de rencontrer cette dame. Bien qu’elle ne soit plus de ce monde, sa présence semblait infuser l’atmosphère. Dans la lumière déclinante de cette fin de journée, alors que nous tenions nos chawan (bols de matcha), j’ai eu le sentiment profond que nous partagions toutes les trois ou plutôt toutes les quatre un instant de communion parfaite.
Dans nos vies souvent rythmées par l’urgence, la cérémonie du thé nous offre cet « espace-temps » pour se retrouver et s’apaiser.
« Ichigo-ichie ». Cette rencontre ne se produira peut-être qu’une seule fois dans une vie. C’est pour cette raison que l’hôte met tout son cœur à préparer le thé, et que l’invité, en observant chaque geste, apaise son esprit pour savourer pleinement chaque goutte.
Ce jour-là, dans mon petit atelier, j’ai compris que le fil des souvenirs, tissé par une pionnière passionnée, venait de se relier à ce moment partagé en harmonie, à travers un simple bol de thé.
En préparation des prochains moments partagés…
Je prépare actuellement avec soin les prochaines sessions pour la saison à venir. Les places étant très limitées pour préserver l’intimité de l’échange, je vous invite à me contacter en message privé pour être informé(e) en priorité dès l’ouverture des réservations.
Événement à venir :
J’ai le plaisir de vous annoncer que je réaliserai une démonstration de cérémonie du thé ouverte au public à l’Université Grenoble Alpes (UGA) le 20 mai prochain. C’est une belle occasion de découvrir cet art ancestral dans un cadre académique et convivial. Je serais ravie de vous y croiser !
Lieu : Université Grenoble Alpes (UGA)
Date : 20 mai 2026
Plus de détails sur les horaires et l’accès seront partagés prochainement sur mon compte Instagram.
https://www.instagram.com/soyu_the?igsh=aWl5anJudjR5Y3Bs
